Aveuglantes Lumières : journal en clair-obscur , éditions GallimardA travers une mosaïque de souvenirs, de notes, de rencontres, de réflexions et d'opinions provoqués par l'affaire des caricatures de Mahomet, R. Debray dégage rapidement une bête noire, les Lumières, et une tête de Turc, Voltaire, qu'il décide de réexaminer parce qu'ils lui semblent loin de l'idée que ce début de XXIe siècle s'en fait communément.
Extrait d’un entretien avec Régis Debray à propos de l’ouvrage : J’ai choisi ce sous-titre de Journal en clair-obscur parce que ce livre est moins profond qu’un journal intime, mais plus élaboré qu’un carnet de travail : c’est un carnet de bord fait de réflexions, de souvenirs, de notes… un recueil de doutes personnels à l’état brut, sans commentaire doctrinal.Son déclencheur a été l’affaire des caricatures de Mahomet : je me suis alors trouvé en porte-à-faux avec la belle assurance occidentale de mon milieu de vie et de pensée, cette assurance que les Lumières sont un idéal achevé de la Raison, que nous avons à les défendre à tout prix contre l’obscurantisme.C’est une position incontournable, mais, à la réflexion, insuffisante et périlleuse. Autrement dit, je me suis posé la question : « Peut-on rendre compte du fossé entre l’Orient et l’Occident, entre notre monde et l’Islam, avec l’idéologie des Lumières ? » Ma réponse est non. C’est pourquoi je dis Aveuglantes Lumières, car les Lumières, en dépit de notre triomphalisme et de notre ethnocentrisme glorieux, ont des zones d’ombre capitales : le religieux, l’imaginaire, le sentiment du collectif, notre rapport à la mort, à l’animalité…

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